Entrepreneuriat étudiant : près d’un étudiant français sur quatre envisage de devenir entrepreneur cinq ans après ses études
La création d’entreprise attire de plus en plus les étudiants français. L’enquête internationale GUESSS 2025, pilotée en France par six enseignants-chercheurs de l'Esdes, membres de l’Unité de recherche CONFLUENCE : Sciences et Humanités de l’UCLy, révèle un fort désir d’entreprendre chez les jeunes cinq ans après leurs études.
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mis à jour le 2 octobre 2026
UCLy
GUESSS 2025 : une envie d’entreprendre qui s’accompagne de nouvelles exigences
S'ils sont de plus en plus nombreux à vouloir créer leur propre entreprise, les jeunes entrepreneurs ne sont pas obsédés par l'appât du gain ! Selon l'enquête internationale GUESSS, ils accordent même une place plus importante à la responsabilité sociale et environnementale de leur entreprise qu’à ses résultats financiers. En revanche, le financement reste un obstacle majeur pour les étudiants, qui pointent du doigt le manque de soutien institutionnel.
Créer son entreprise, c’est une option de plus en plus envisagée par les étudiants. 9 % des étudiants français envisagent de le faire immédiatement après leurs études. Cinq ans plus tard, ils sont déjà 24 %. Cette progression constitue l’un des principaux enseignements de l’édition 2025 de la Global University Entrepreneurial Spirit Students’ Survey (GUESSS), projet international de recherche consacré à l’entrepreneuriat étudiant mené en France par six enseignants-chercheurs de l'Esdes.
Menée dans 66 pays auprès de plus de 196 000 étudiants, l’enquête analyse leurs choix de carrière, leurs intentions et leurs activités entrepreneuriales ainsi que la transmission des entreprises familiales. En France, 1 710 étudiants issus de 16 établissements d’enseignement supérieur y ont participé.
Le projet GUESSS permet de mieux comprendre où en est l’entrepreneuriat étudiant aujourd’hui, en France comme à l’international. Ses résultats donnent des repères concrets pour identifier les besoins des étudiants et mieux adapter l’accompagnement qui leur est proposé afin de favoriser le passage de l’intention à l’action entrepreneuriale.
Tatiana Beliaeva, enseignante-chercheuse à l'Esdes
Avec l’expérience, l’envie d’entreprendre progresse
Si la création d’entreprise est un rêve pour beaucoup, l’expérience reste un facteur clé. À la sortie des études, les étudiants français privilégient encore largement le salariat : 24,9 % souhaitent rejoindre une grande entreprise, contre 9 % qui envisagent de créer leur propre entreprise. Cinq ans plus tard, la part de ceux qui se projettent comme entrepreneurs atteint déjà 24 %, soit près de trois fois plus.
L’environnement et la tradition familiale jouent aussi un rôle. Sans surprise, les intentions entrepreneuriales sont beaucoup plus élevées lorsque les parents ou le réseau personnel comptent déjà des entrepreneurs.
Autre facteur : le domaine d’études et la culture disciplinaire. Les étudiants en gestion affichent les intentions entrepreneuriales les plus élevées, devant ceux en informatique. À l’inverse, elles sont plus faibles en sciences humaines et sociales ou en mathématiques.
Des inégalités de genre persistantes
Certains clichés ont malheureusement la vie dure ! Selon l’enquête GUESSS, les hommes restent considérablement plus susceptibles de vouloir créer leur entreprise que les femmes.
Les entrepreneures sont plus préoccupées par le manque de financements et plus enclines à se lancer « en solitaire », tandis que les hommes portent davantage de projets collectifs en profitant d’un meilleur accès aux réseaux existants.
L’environnement au cœur des préoccupations des futurs entrepreneurs
L’étude fait ressortir l’importance accordée par les jeunes entrepreneurs aux enjeux sociaux et environnementaux. Les étudiants déjà entrepreneurs évaluent les performances sociales et environnementales de leur entreprise plus favorablement que sa performance économique, avec un score moyen de 4,69 contre 3,92 sur 7.
Ce résultat témoigne, selon les auteurs du rapport, d’une forte exigence des étudiants en matière de responsabilité et de durabilité, au-delà de la seule réussite financière. Mais l’envie d’entreprendre se heurte à des préoccupations très concrètes. Le coût d’opportunité et la sécurité financière figurent parmi les principales craintes exprimées par les étudiants entrepreneurs.
Là encore, des différences apparaissent entre les hommes et les femmes. Alors qu’il n’existe presque aucun écart dans la confiance en leurs propres capacités (4,00 pour les hommes, 4,07 pour les femmes sur une échelle de 1 à 7), la crainte de perdre d’autres opportunités professionnelles en lançant son entreprise arrive en tête (4,45).
Les femmes s’inquiètent davantage pour leur sécurité financière en cas d’échec (4,87 contre 4,33) et pour leur capacité à obtenir les financements nécessaires à leur projet (4,40 contre 4,03). Un autre signe d’un écart persistant en matière d’accès aux réseaux et aux sources de financement de l’entrepreneuriat.
Quand les études renforcent l’envie d’entreprendre
Un facteur en particulier se dégage de l’étude GUESSS : l’importance pour les jeunes d'une initiation à la culture de l’entrepreneuriat pendant leurs études.
En France, environ 45 % des jeunes ont suivi au moins un cours consacré à la création d’entreprise, ce qui est légèrement au-dessus de la moyenne internationale. La France se distingue par une proportion plus élevée d’étudiants ayant suivi un cours obligatoire d’entrepreneuriat (32 % contre 19 %), mais par une participation plus faible aux cours optionnels (15,1 % contre 23,2 %).
La formation à l’entrepreneuriat repose donc davantage, en France, sur son intégration obligatoire aux cursus… au risque d’intensifier des écarts déjà établis entre disciplines.
GUESSS, un observatoire international de l’entrepreneuriat étudiant
Fondée en 2003, la Global University Entrepreneurial Spirit Students’ Survey (GUESSS) mène tous les deux à trois ans une vaste enquête internationale sur l’entrepreneuriat étudiant. Le projet est coordonné conjointement par l’Université de Saint-Gall et l’Université de Berne, en Suisse.
Six enseignants-chercheurs de l'Esdes, tous membres de l’Unité de recherche CONFLUENCE : Sciences et Humanités de l’UCLy ont piloté l'édition 2025 de l'enquête : Tatiana Beliaeva, Sami Ben Jabeur, Rosalie Douyon, Chamsa Fendri, Patrick Gilormini et Rim Hachana.


