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Continuité pédagogique

Depuis le 23 mars, 100% des cours sont réalisés à distance.
En moyenne 150h de cours dispensées chaque jour
  • Plus de 2 500h de cours déjà réalisées. 5 000 heures de cours seront ainsi assurées d’ici la réouverture du campus.
  • 100% des étudiants connectés
  • 1 plateforme centrale : Moodle
Les formats sont variés : en visio conférence, en travail à distance, en travaux de groupe pour des rendus à l’oral, via MS TEAMS. Les cours sont parfois synchrones, c’est-à-dire dispensés à la même heure que l’emploi du temps originel, ou asynchrones, laissant plus de place à l’autonomie des étudiants dans leur organisation.


    

La continuité pédagogique à l'ESDES


Des ressources en ligne, gratuitement, à disposition des étudiants :
  • Digital Marketing Institute, partenaire de l’ESDES met à disposition des étudiants en marketing une plateforme complète de MOOC, tutoriel et autres tests afin de progresser en matière de marketing digital mais aussi de profiter du temps accordé par le confinement pour passer des certifications professionnelles.
  • Projet Voltaire – 100% des étudiants de l’ESDES bénéficient d’un accès gratuit et illimité au projet Voltaire, pour parfaire leur orthographe et pourquoi pas certifier leur niveau en expression écrite !
  • Partenariat avec Pearson Education : 5 livres offerts pour chaque étudiant, parmi un catalogue de 50 ouvrages en business. L’objectif est d’aider les étudiants dans leurs apprentissages et la rédaction de leur mémoire de fin d’études.

Les compétences acquises pendant le confinement
Toute situation apporte des apprentissages. Enfin c’est la posture que Céline Bos, responsable de formation en alternance essaie de transmettre à ses étudiants. Après un mois, il est possible d’esquisser les compétences développées grâce à la pédagogie confinée : apprentissage collectif, lacher prise, autonomie, politesse numérique.
Tout d’abord, c’est une expérience d’apprentissage collaboratif : Etudiants comme enseignants apprennent. C’est inédit pour tous. Les difficultés des enseignants sont visibles, difficiles à gérer pour eux, du petit lait pour les étudiants. En même temps, c’est déstabilisant : quoi le professeur est faillible comme tous les autres êtres humains ? Est-il alors moins légitime pour partager son savoir ? L’accepter pour lui comme les étudiants ouvre un champ d’apprentissage collectif formidable. Cela nous rappelle que nous apprenons tous, tous les jours de tous. Cela horizontalise la relation : le professeur accompagne il n’est plus au-dessus.

    
 
Difficultés de connexion, défaillances des outils… Il y aura toujours un détail qui cloche. La principale compétence développée c’est le lâcher prise, l’acceptation des petites imperfections voire de l’incertitude. L’essentiel c’est le processus d’amélioration.
Au fil de nos enquêtes auprès des étudiants, il ressort que de leur point de vue ce qu’ils développent c’est de l’autonomie. L’autonomie ce n’est pas faire les choses seul. C’est trouver seul l’énergie, la volonté de faire, d’apprendre : autonomie pour s’engager dans la formation, pour fournir le travail sans le regard du professeur dans la salle. Finalement c’est apprendre qui on est, ce qui nous motive. Renoncer à la satisfaction immédiate pour accueillir la satisfaction différée du travail bien fait, de la persévérance.
L’usage raisonné de la visioconférence implique l’apprentissage de la « politesse numérique » : fermer son micro, faire circuler la parole. Il s’agit de développer les codes de la communication à distance. Mais en fait cette séquence nous oblige tous à passer en « mode agile » :
  • Un brief régulier (quotidien, ou hebdo) sur ce que chacun a fait, ses difficultés et ce qu’il va faire pour conserver le lien au sein de l’équipe
  • La célébration des réussites pour la bonne humeur
  • Les retours d’expériences pour apprendre ensemble
  • Répétition des messages, clarification des règles, des attentes pour que chacun puisse se situer.
Nous apprenons tous un mode de management qui est longtemps resté confiné dans les équipes projets du monde du numérique.
En fait ce qui est important c’est de prendre conscience de ce que l’on apprend pour s’appuyer dessus pour la suite, l’après qu’il soit certain ou non.

Vidéo : Gérer l’urgence pédagogique (à distance)




Vie de prof : 2h avec les étudiants en FAST TRACK (rentrée décalée)


Lundi 23 mars, 8h, les étudiants du Fast-Track ont assisté à leur tout premier cours en ligne : « Les Fondamentaux de l’action commerciale ».

Valéry Gaujard, leur enseignant à distance leur avait déposé un travail à faire en amont via Moodle (CMS), le rdv était donné sur MS Teams. 34 étudiants ont suivi le cours en simultané. En face de l’enseignant, des avatars… interactifs ! Puisque qu’après la première question lancée dans la foule virtuelle, une multitude de réponses des étudiants est arrivée sur la tchat. En plus des échanges écrits, des smileys et autres émoticônes, garantissent un pseudo-contact-virtuellement-humain ! Le cours s’est achevé par un mini sondage très positif en faveur de cette expérience en pédagogie numérique : on a recensé 474 interactions via la messagerie en l’espace de 2H. Un premier succès qui reflète une volonté commune entre enseignant et étudiants de maximiser l’expérience académique dans un contexte inédit.

Valéry Gaujard a conclu : « un vrai succès et expérience positive, mais je prévois de l’eau pour le prochain cours – je suis assoiffé ! »

Le billet de Céline Bos, responsable de formation Management stratégique des entreprises,cycle master en alternance.


Le covid-19, mon métier et moi : questionnements, tâtonnements et apprentissages
Vision d’une responsable de spécialisation de master PGE en Alternance.


«Se faire battre est excusable, se faire surprendre impardonnable » Napoléon

Cette citation, je l’utilisais dans mes cours sur la posture défensive de l’intelligence économique dans les entreprises. En matière de Covid-19, nous avons tous -Oui, tous- été surpris. Nous pourrions passer du temps et de l’énergie à pointer du doigt des coupables, mais laissons cela aux réseaux sociaux. L’urgence, le mot d’ordre même, est d’assurer la continuité. Mais qu’est-ce que cela implique dans mon humble activité ? Je suis responsable d’une des spécialisations du Master de l’Esdes (école de commerce lyonnaise membre de la CGE) en alternance. Avec un mois de recul maintenant je dirai que cette continuité s’assure à trois niveaux : pédagogique, social et surtout humain. Est-ce que cela va changer ma façon de travailler demain pour répondre à cette injonction du monde d’après ?

« Continuité ! Continuité ! Est ce que j’ai une tête de continuité ? »
 

Dr Franck Bertucat, en cours avec des étudiants de première année PGE

La continuité pédagogique
, c’est simple : mettre sous forme de visioconférences l’intégralité des cours. Oh la vilaine illusion du travail bien fait parce qu’on utilise un support numérique. Toutes les écoles ont communiqué sur les milliers d’heures de cours ainsi assurées. Mais soyons sérieux deux minutes : êtes-vous déjà restés 8h devant un écran ? Comment était votre niveau d’attention ? Qu’en avez-vous retenu ? Mais ça ce sont des questions qui arrivent plus tardivement, dans l’urgence on fait ce qu’on peut. Premier exercice de communication et de patience auprès des enseignants, pas tous à l’aise avec l’univers numérique et les outils pourtant à leur disposition depuis des années. J’ai souvent pensé aux personnes qui travaillent en plateforme téléphonique assurant le support de premier niveau. Deuxième exercice identique auprès des étudiants pas tous bien dotés en matières de connexion, j’ai alors découvert qu’ils avaient plus en commun avec leur enseignants en matière d’agilité numérique. En alternance s’ajoute la question des entreprises, je ne vais pas ici reparler de leur situation ; seulement aborder les effets sur mes étudiants. Comment demander à une étudiante en alternance dans un Ehpad de délaisser son poste de travail pour assister au cours ? Comment aider un étudiant qui voit son entreprise péricliter et s’inquiète de son avenir ? Comment obtenir leur attention pleine et entière en cours quand ils ont d’autres soucis en tête ? Et d’ailleurs, le professeur en face, quel est son état d’esprit quand son conjoint est gravement malade et qu’il faut aussi gérer son enfant en bas âge? Nous avons tous appris ces dernières semaines : la patience, l’agilité, la bienveillance (la vraie).
 
La continuité sociale
, c’est facile quelques mails et c’est réglé. Là encore l’illusion de bien faire en plus un mail laisse des traces. Vous êtes tous confinés (plus ou moins selon vos métiers). A quoi ressemble votre vie sociale ces dernières semaines ? Dans quelles conditions êtes-vous confinés ? Au sein d’un groupe d’étudiants, comment assurer une continuité de vie de groupe ? J’ai opté pour l’humour (merci à ceux qui font ces vidéos humoristiques). Mais au-delà des mails collectifs, je prends des nouvelles de ceux qui sont en plus grande difficulté : seul, malade, deuil, situation en entreprise. De fait, je suis plus attentive à leur bien-être, en fait j’essaie mais comment être sure que je n’en laisse pas de côté ? Dois-je m’en soucier ? Nous avons aussi appris au fil des semaines : dire les choses, demander de l’aide ou de l’écoute, accepter et recevoir cette aide ; mesurer son implication, ses efforts pour tenir dans la durée.
La continuité humaine, euh la quoi ? Au bilan de ce mois de confinement, je crois que c’est la plus importante, celle que nous avons même fini par oublier en tems « normal ». Notre travail, c’est d’aider des jeunes à développer leurs potentiels. Ce ne sont pas que des effectifs, des notes. Ce sont des parcours de vie, des faiblesses mais aussi de très belles qualités. Nous leur fournissons un cadre dans lequel il y a les relations humaines, la construction de soi, bref du développement personnel. C’est beau, tendance, c’est aussi une réalité. La transmission ne passe pas que par de la visioconférence, une attention institutionnalisée mais aussi par l’exemplarité. Nous avons appris (eux comme moi) au fil des semaines à accepter les imperfections, les assumer et les corriger quand c’est possible. Être exemplaire ce n’est pas être parfait, c’est de montrer les améliorations qu’on met en place ?


« Il faut pensez le monde d’après… »

C’est la nouvelle injonction que nous servent les médias, les intellectuels et les politiques en mal d’élections. Là encore, revenons à mon échelle (faites tous l’exercice c’est stimulant surtout si vous êtes créatifs, une sorte de cahier de tendance à soi). Les racines existent, le monde d’après n’existera qu’en s’appuyant sur le monde, certes imparfait, d’aujourd’hui. N’oublions pas, notre rôle c’est la transmission. Je dois donc apprendre pour aider les étudiants à développer leurs compétences de managers responsables. Tout n’est pas à jeter dans notre monde, les cours dans une salle permettent d’autres moyens d’acquisitions des savoirs. Le moteur essentiel sera toujours l’autonomie. Les canaux constitueront des réseaux physiques et virtuels. L’huile sera toujours la confiance.

Autonomie : confiné, la seule personne qui vous pousse c’est vous. En matière de formation, il n’y a là rien de nouveau. Le principal facteur de réussite c’est l’engagement, la motivation profonde de chacun à apprendre. Nous l’oublions souvent dans la course de la vie « normale », mais nous faisons les choses pour nous. Le confinement, la numérisation des apprentissages rend cela plus visible. D’ailleurs dans les entreprises, le management agile repose en partie sur cette idée. Sommes-nous tous enclin à l’autonomie ? Comment aider chacun à trouver les outils pour s’organiser ? Ne jetons pas la pierre sur les jeunes. Honnêtement, confinés vous êtes plutôt Netflix, Disney +, YouTube et Instagram ou plutôt France Culture, Lecture, Arte et visite virtuelle de musée ? Personnellement les deux mon capitaine mais j’ai peu de temps pour flâner (voir plus haut). A ma connaissance (limitée), garder sa motivation ne s’apprend pas dans une salle de classe, c’est un apprentissage de toute une vie.

Un réseau physique et virtuel, c’est le secret de la réussite. Grâce à LinkedIn vous êtes en moyenne à 8 clics du Président de la république. Trouver un stage, une alternance, un emploi est bien plus facile quand on a un bon réseau. Ce n’est pas nouveau, Dale Carnegie écrivait un ouvrage sur le sujet au début du 20ème siècle et ses héritiers en ont fait une version à l’heure du numérique (Comment se faire des amis et les influencer ? ), dont je songe à rendre la lecture obligatoire. Il ne tombe pas du ciel ce réseau, il se construit patiemment, au fil des rencontres, des échanges ; à l’aide de petites attentions. C’est vrai qu’un cocktail c’est plus sympa qu’une conférence en ligne. A ma connaissance (limitée), apprendre à construire et maintenir son réseau ne s’apprend pas dans une salle de classe, c’est un apprentissage de toute une vie.

Confiance en soi en les autres, tout un programme. Le système économique, politique et social repose sur la confiance. Les événements des derniers mois ont montré que cette confiance s’est érodée au fil du temps. Le monde d’aujourd’hui est rempli de défiance (on pourrait débattre des heures sur le rôle de chacun dans cette situation mais c’est un autre débat). Dans une formation, la confiance aussi est essentielle. Les étudiants devraient nous faire confiance pour leur transmettre les savoirs nécessaires à leur évolution. Et nous sommes nous aussi touchés par la défiance : ce professeur est trop vieux, il ne sait pas se servir du digital….Mais ce qui est top avec la défiance c’est que ce sont toujours les autres qui n’assurent pas. La capacité à se remettre en cause n’est pas une capacité facile àdévelopper car souvent prise pour de l’aveu de faiblesse. Comment aider les étudiants alors à nous faire confiance ? Quels outils leur donner pour qu’ils s’assument et s’améliorent. SI je leur montre comment je fais (dans mes imperfections) suis-je en position de faiblesse ? Dans mon esprit non mais dans le regard des autres ? A ma connaissance (limitée), apprendre à construire et maintenir sa confiance (en soi en les autres) ne s’apprend pas dans une salle de classe, c’est un apprentissage de toute une vie.

L’aventure du confinement (à ce stade) est une aventure personnelle et collective. Elle nous oblige à plus de discernement et je l’espère de bienveillance. Mais en matière de formation, les enjeux restent les mêmes, les conditions de réussite également. Nous les avions simplement perdus de vue, focalisés sur des aspects finalement pas si importants. Bref, un retour à un essentiel augmenté par le pouvoir des outils numériques.

Comment stimuler sa motivation en temps de confinement, les tips du bon digital learning ?